Quelques explications sur la Gymnastique Emotionnelle® de Martine Veilleux


Se réapproprier son corps

 

Derrière notre enveloppe protectrice qu’est la peau se camouflent des zones anesthésiées avec des muscles emprisonnés par les tensions accumulées au fil des ans. Des muscles d’ailleurs dont nous ne soupçonnons même plus l’existence. Toutes les émotions que nous avons refoulées (colère, frustration, tristesse, peur, etc…) ont laissé des traces sous forme de tensions au plus profond de notre musculature. Le corps somatise (transforme) nos émotions et nous envoie des signaux comme une douleur par exemple nous indiquant qu’il y a un blocage. Nous devons prendre conscience que notre corps possède une mémoire émotionnelle qui enregistre des émotions que nous n’avons pas digérées. Les soucis, par exemple, viennent en général se loger dans le dos. Ne dit-on pas en avoir plein le dos ?

 

La Gymnastique Emotionnelle

Nos émotions sculptent notre corps

Les muscles remplissent alors de plus en plus difficilement leur fonction naturelle qui est celle de bouger. Nous nous déformons progressivement avec le temps. Ce n’est pas uniquement le poids des années qui fait son œuvre mais également nos émotions refoulées avec des nœuds physiques et émotionnels qui ont sculpté notre corps, notre chair. De plus, l’énergie circule moins bien, nous souffrons de douleurs inexpliquées, nous ressentons de la fatigue et de la déprime, notre santé devient défaillante. Nous habitons désormais notre corps d’une façon fragmentaire.

 

Le corps est une globalité

D’après la kinésithérapeute Françoise Mézières, ce sont les muscles qui déterminent la forme du corps. Les muscles sont imbriqués les uns dans les autres et ils sont comparables à des ficelles qui contrôlent l’amplitude de nos mouvements. Selon notre vécu, ces muscles se contractent et se rétrécissent, notre tonus musculaire est déséquilibré puis des douleurs apparaissent et la colonne vertébrale se déforme. Les tensions se logent bien souvent dans les creux du corps comme la nuque, la région lombaire et les genoux. Lorsqu’il y a déformation d’une partie du corps, elle est la conséquence d’autres parties qui se sont rétrécies. Le corps est une globalité et tout est lié. Nous pouvons difficilement changer notre histoire, effacer les drames et les épreuves de nos vies, mais nous pouvons si nous le voulons, nous libérer des souffrances du passé en passant par le corps.

 

Nos muscles, notre sixième sens

Pour dénouer, débloquer et redonner la mobilité à notre corps, il n’y a qu’une action possible qui est celle de libérer nos raideurs. La pratique de mouvements lents comme la Gymnastique émotionnelle ®, par exemple, permet de nous éveiller à notre sensibilité musculaire. Au-delà de nos 5 sens, cette sensibilité est notre 6ème sens que l’on appelle "proprioception". En effet, nos muscles disposent de récepteurs sensitifs qui renseignent sur la position du corps dans l’espace lors du mouvement. D’après Martine Veilleux, ce sixième sens serait à la base de « l’ancrage organique de notre identité ». Sans ce sixième sens, nous ne pourrions pas développer une image de nous-mêmes. En déliant les muscles et en les délestant de leurs raideurs, nous stimulerons de nouvelles connexions nerveuses et nous développerons de nouvelles perceptions : tactiles, sensorielles et kinesthésiques. C’est ainsi que nous aurons une meilleure connaissance de nous-mêmes, une meilleure perception de notre environnement et que nous pourrons exprimer notre potentiel créateur et cognitifs.

 

Nous devrions nous intéresser d’avantage à notre « corps » sensible » plutôt qu’à notre corps objet ». Le corps possède son intelligence propre et si nous nous ouvrons à celle-ci, un travail d’autorégulation et d’autoguérison se met en route automatiquement. Martine Veilleux insiste aussi sur la prise de conscience de cette alliée naturelle qu’est la respiration. La respiration est influencée par tout ce que l’on vit. Elle insiste également sur l’importance de respecter son corps et le mouvement naturel de la vie, à suivre le « Flow », être attentif et présent ici et maintenant.

 

« L’esprit n’est pas ce qui descend dans mon corps, mais ce qui en émerge » M. Merleau-Ponty

 

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