Les dangers du développement personnel et du coaching


Le développement personnel est un juteux business

Quincemedia, Pixabay
Source : Quincemedia, Pixabay

 

Le développement personnel et le coaching sont tendances. Ils sont aujourd’hui une véritable industrie pour ne pas dire un juteux business. Pour celui qui souhaite se développer personnellement, il trouvera avec une multitude de supports (internet, littérature, presse, sociétés…) l’embarras du choix en matière de méthodes, techniques, stages, cours, conseils, coachings, formations, gourous, secrets, promesses…

 

Aux USA, le marché du développement personnel représenterait environ 10 milliards de dollars par an. C’est d’ailleurs en Californie, dans les années 60, qu’est né le « développement personnel ». Et ce n’est que début 2000 que la vague déferlera en France. A noter qu’en France, n’importe qui peut se proclamer coach et qu’aucun diplôme n’est clairement reconnu. Pourtant, toujours en France, 20% des stages professionnels portent sur le développement personnel. Le site Amazon.fr (pour n’en citer qu’un) propose d’ailleurs pas moins de 11000 livres sur le sujet.

 

Le développement personnel pour quoi faire ?

 

Les questions que l’on en est en droit de se poser sont :

- ces méthodes répondent-elles réellement aux attentes profondes des individus ? 

- la quête du développement personnel ne comporte-elle pas aussi une part de danger ?

 

On peut effectivement observer une tendance de certains « spécialistes » à vouloir imposer l’idée d’une quête d’un « moi fantasmé », d’un « moi idéalisé » ou encore d’un « moi amélioré ». Ce type de développement personnel répond-t-il alors vraiment à notre attente de mieux-être et d’épanouissement ? Malheureusement, le développement personnel peut des fois se transformer en une vraie « mutilation psychologique ».

 

Il est vrai que la société actuelle met en avant les héros, la perfection, la jeunesse éternelle et réclame de nous « le meilleur ». Sous pression, nous souhaitons être le plus beau, le plus intelligent, le plus populaire, le plus à la mode. Bref, nous cherchons à devenir le meilleur dans bien des domaines et la télévision renforce encore cet effet (Top chef, Incroyable talent, the Voice, Danse avec les stars…).

Source : Dotigabrielf, Pixabay
Source : Dotigabrielf, Pixabay

 

 

Il est louable de vouloir développer son potentiel, s’améliorer ou s’épanouir. Mais si au final, celui que l’on devient n’est pas « nous » alors ce qui était un rêve peut alors devenir un cauchemar. Car ces promesses de plaisir retrouvé, de sagesse, de développement intellectuel, de spiritualité, de richesse peuvent nous faire oublier notre quête initiale et sincère qui était la quête de Soi, du « vrai moi », de celui que l’on est au plus profond de Soi. Au pire, certains finissent dépendants d’une méthode, d’un gourou si ce n’est pas carrément possédés et avec un porte-monnaie vidé

La pathologie du « moi idéalisé »

 

Dès le plus jeune âge, nous sommes atteints d’une pathologie qui s’appelle le « moi idéal ». Encore dans le ventre de la maman, les parents imaginent déjà l’enfant en devenir et fantasment son avenir. Et cela continuera après la naissance en insufflant inconsciemment à l’enfant nos idéaux (métiers, passions, rêves…). Les parents ne disent-ils pas une vérité-mensonge bien intentionnée en disant à leurs enfants « que dans la vie, tout est possible ». Les parents jugeant leur vie imparfaite ou inachevée ne cherchent-ils pas inconsciemment à vivre leurs idéaux, leurs rêves à travers leurs enfants. En grandissant, nous continuons à cultiver cet idéal reçu de manière inconsciente par nos parents, la famille et la société. Cela va du « bon » bulletin scolaire, à la réussite professionnelle sans oublier la quête amoureuse du prince charmant ou de la princesse.

 

De nos jours, cette quête de l’idéal est encore aggravée avec les réseaux sociaux avec le sentiment obligé de devoir partager ses réussites et de devoir s’imposer le bonheur affiché des Autres qui forcément ont plus et sont mieux que nous. Ce « moi idéal », pour exister, doit obtenir la validation dans le regard des autres et les réseaux sociaux sont un moyen de le satisfaire. Mais le « moi idéalisé » ou cette vie idéale est une quête fantasmée et inatteignable ! Cette quête du « moi idéal » nous épuise et si nous n’arrivons pas à faire le deuil de cette perfection inatteignable, nous risquons alors la dépression. En effet, cette image fantasmée de notre « moi idéal » peut aller jusqu’à nous détruire. Certains iront même jusqu’au suicide pensant avoir raté leur vie (leur vie rêvée). Le perfectionnisme peut devenir une torture pour ceux qui ne parviennent pas à devenir ce « moi fantastique » !

 

Le culte de la perfection et de la performance

De nos jours, on observe un nombre toujours plus important d’adolescentes mécontentes de leurs corps, d’adolescents insatisfaits de leurs formes. Les médias sociaux (les médias en général) présentent un monde idéal et parfait alors que cette représentation est bien souvent fausse et irréaliste. De plus, les médias sociaux peuvent transformer les relations humaines en une compétition permanente pour être populaire et recevoir l’approbation des autres et de ce que nous sommes (Facebook par exemple). Cela conduit à un accroissement du stress, de l’anxiété et de l’angoisse chez les jeunes face à ces attentes sociales élevées. Le manque de succès, de beauté, de popularité peut même conduire à de la honte voire à une exclusion sociale.

Source : Hans, Pixabay
Source : Hans, Pixabay

 

Notre société voue actuellement un culte à la performance. Nous nous plaignons d’ailleurs de plus en plus de cette recherche continuelle de la performance et de la rentabilité. N’y a-t-il pas alors un décalage entre ces buts de réalisation et de développement souhaités par notre « moi idéalisé et artificiel » et celui que nous sommes vraiment, notre « vrai moi » ou le « moi profond ». La plus belle réussite n’est-elle pas celle d’être juste heureux ?

 

Les dangers du développement personnel

 

Le développement personnel avec sa quête de l’idéal n’est pas mauvais en soi. Il s’agit effectivement de ne pas se laisser aller. Mais les objectifs doivent rester raisonnables et surtout être en accord avec soi-même et non ce que l’on pense qu’on devrait être ou pire ce que pensent les autres. Un autre piège du « moi idéalisé » est que l’on se focalise constamment sur ce que l’on aimerait être et donc on s’empêche de vivre le moment Présent. On risque donc de passer son temps à vouloir être quelqu’un d’autre, un être imaginaire et à passer à côté de celui que l’on est « maintenant ».

 

Source : Gerlat, Pixabay
Source : Gerlat, Pixabay

Par ailleurs, certaines méthodes comme par exemple l’analyse transactionnelle, le Rebirth, la PNL dans certains cas peuvent aussi déstabiliser psychologiquement certaines personnes, permettre l’intrusion dans la vie privée ou chercher à influencer notre comportement. Il peut être intéressant de faire un tour sur le site de la Milivudes pour détecter certaines dérives sectaires. En aucun cas, le développement personnel ne doit conduire à un enfermement (aliénation, addiction), moins d’autonomie et de liberté, un surinvestissement ou une mise à nu (intimité forcée).


 

 

Pour terminer, précisons que même si le développement personnel a le vent en poupe, certains en viennent finalement à remplacer le développement personnel par « le bon sens ». Si deux collègues s’engueulent périodiquement, cela ne nécessite peut-être par forcément un coaching. Une bonne engueulade permet de crever naturellement l’abcès et ensuite ça va mieux. Pareil pour ceux qui souffrent d’anxiété ou d’angoisse. Peut-être faut-il simplement se reposer et dormir plus ! Le manque de sommeil exacerbe les émotions !

 

Le meilleur coach c’est nous !

 

Le meilleur coach, c’est nous-même. La plus belle œuvre à construire c’est nous-même. C’est nous, qui savons le mieux ce qui nous rend heureux.

 

Le développement personnel consiste à plonger au fond de soi, s’explorer et ouvrir les portes de Soi tout en restant Soi. Se comparer aux autres peut permettre de mieux nous révéler mais les autres sont surtout ce que nous ne serons jamais. Le vrai développement personnel consiste donc à simplement être Soi tout en continuant à se découvrir. Cette quête, qui est le travail d’une vie, doit s’accomplir avec plaisir, curiosité et intérêt. Pour cela, se libérer de notre « moi idéalisé » est sans doute déjà la première étape !

 

Voir notre article : « Le moi idéalisé, ce tyran ! » dans la rubrique ‘Enquête de Soi ».

Le développement personnel, c’est aussi « ne rien faire » !

 

L’alchimiste, Patrick Burensteinas, nous parle dans son livre du bonheur à sa manière (de la matière à la lumière). Le développement personnel ne doit-il pas nous conduire à l’épanouissement et au bonheur justement ? Quand vous avez vécu un moment de bonheur (on ne parle pas de plaisir), avez-vous remarqué que bien souvent vous étiez immobile, silencieux ? C’est comme si le bonheur finalement, c’était d’avoir trouvé cette immobilité, ce non mouvement. Dans cet état de bonheur, nous sommes dans un état d’unité à tel point que nous n’avons plus aucune notion des 3 dimensions qui nous entourent, de notre création.  Dans un moment de pur bonheur, le temps, l’espace et notre corps n’existent plus.

 

 

 

Puis « l’agitation va reprendre, mais on aura trouvé une bulle de non-mouvement, une bulle d’immobilité. Quand on en sort, bien-sûr, là ce n’est plus de l’immobilité, nous passons dans l’agitation qu’on appelle émotion. »

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Patrick Burensteinas considère que nous sommes tous en agitation sur une sphère et que le développement personnel et la quête du bonheur consistent à rejoindre le centre de cette sphère, seul point immobile. Souvent, le développement personnel consiste à se déplacer sur cette sphère, à rester dans l’agitation, pensant qu’ailleurs l’herbe sera plus verte. Disséminé sur cette sphère, le chemin pour rejoindre ce centre serait en conséquence unique et propre à chacun. « Ainsi, on ne peut pas suivre le chemin initiatique de quelqu’un d’autre puisqu’on est chacun sur une position différente de la sphère ». Cela remet donc un peu en cause, les méthodes généralistes et solutions toute faites de développement personnel. De plus, pour quelqu’un qui serait à l’opposé de nous sur la sphère, son chemin vers le centre nous semblerait alors en totale contradiction avec le nôtre, car les chemins iraient en sens inverse. Vous pourrez essayer de le convaincre de suivre votre chemin mais il ne trouvera alors pas le centre. Il n’y a qu’un seul chemin pour chacun d’entre nous et personne ne peut le trouver à votre place !  On peut s’inspirer de la voie des autres mais au final, il faudra trouver sa propre voie.

 

N'hésitez pas à lire également l'article : "Respirer pour se connecter à l'instant présent" de la rubrique "Plus Loin".

 

Sources :

-www.Atlantico.fr (Auto-destruction, mode d’emploi : comment l’industrie du développement personnel en est venue à dérailler sévèrement ?)
-www.capital.fr (techniques de développement personnel ce que l’on peut en tirer ce dont il faut se méfier)

-Patrick Burensteinas et son livre « de la matière à la lumière ».

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